Gestion
Composter le fumier de cheval : comment bien faire
Un cheval moyen produit environ 8 à 10 tonnes de fumier par an. Si vous ne le traitez pas intelligemment, le problème s'accumule littéralement. Le compostage est une solution pratique : vous transformez du fumier brut en compost stable que vous pouvez utiliser sur les pâtures, dans le jardin ou vendre à des jardiniers amateurs. Cela demande un peu d'organisation et de patience, mais le résultat en vaut la peine. Dans cet article, vous découvrirez comment constituer un tas de compost, quelles sont les conditions idéales et comment éviter les erreurs les plus courantes.
Publié: 5/23/2026
EquiSight Editorial
Redactie · EquiSight · SaFleu Equestrian Centre BV
Pourquoi le compostage est avantageux pour les propriétaires de chevaux
Le fumier de cheval est naturellement plus riche en carbone que le fumier bovin, en raison de la paille ou de la sciure utilisée comme litière. Cela le rend moins adapté à l'épandage direct sur les terres — le fumier brut puise l'azote du sol lors de sa décomposition. Le compostage résout ce problème. Après 3 à 6 mois de compostage, le fumier est stable, sent la terre plutôt que l'ammoniaque et peut être utilisé directement en toute sécurité. Avantage supplémentaire : le volume diminue de 40 à 50 %, ce qui facilite considérablement l'évacuation et le stockage. De plus, un bon compostage réduit considérablement la survie des vers et des parasites dans le fumier.
L'emplacement idéal et la construction du tas
Choisissez un endroit plat et imperméable avec un bon drainage — de préférence à au moins 10 mètres des cours d'eau et à 25 mètres des habitations. Une structure à trois côtés faite de palettes ou de dalles en béton est la plus efficace. Idéalement, utilisez trois compartiments côte à côte : un pour le fumier frais, un tas de compost actif en cours de décomposition et un pour le compost mûr. Chaque tas a besoin d'un volume minimum de 1 m³ pour générer suffisamment de chaleur. Les tas plus grands de 2 à 3 m³ sont plus performants et atteignent plus rapidement des températures de 55 à 70 degrés Celsius, ce qui élimine les parasites et les graines de mauvaises herbes.
Ce que vous ajoutez ou non dans le tas
Tout n'a pas sa place dans votre tas de compost. Respectez ces consignes :
- Oui : fumier avec paille ou sciure, déchets verts, coupes de foin et de gazon, vieux ensilage d'herbe
- Oui : ajouter de l'eau si le tas semble trop sec (taux d'humidité idéal : le matériau compressé ne doit tout juste pas s'égoutter)
- Non : fumier d'animaux récemment vermifugés — attendez 2 à 4 semaines après le traitement
- Non : grandes quantités de copeaux de bois à la fois — ils ralentissent le processus de décomposition
- Non : plastique, ficelle ou matériaux d'emballage — ils contaminent le compost final
Température et retournement : la clé du succès
Le cœur du processus de compostage, c'est la chaleur. Dans les premières semaines, la température d'un tas bien constitué monte à 55-70 °C. Après 3 à 4 semaines, le tas commence à refroidir — c'est le moment de le retourner. Utilisez une fourche à fumier et ramenez le matériau extérieur vers l'intérieur. Le retournement apporte de l'oxygène dans le tas, ce qui revitalise les bactéries et accélère la décomposition. Planifiez cette opération toutes les 3 à 4 semaines, au minimum 2 à 3 fois par cycle de compostage. Vous pouvez mesurer la température avec un thermomètre à compost. Notez vos dates de retournement dans le dossier du cheval sur EquiSight afin de suivre le processus sans rien laisser passer entre les mailles du filet.
Quand votre compost est-il prêt à l'emploi ?
Le compost mûr se reconnaît à plusieurs caractéristiques :
- Couleur brun foncé à noire, structure friable
- Sent la terre forestière, plus le fumier ni l'ammoniaque
- Aucune paille ni matériau reconnaissable encore visible
- La température est redescendue à la température ambiante et ne remonte plus après retournement
- Le volume a diminué d'environ 40 à 50 % par rapport à la masse initiale
Réglementation et points d'attention pratiques
En France, le fumier de cheval est soumis à la réglementation sur les effluents d'élevage. Pour les particuliers possédant moins de 3 chevaux sur leur propre terrain, des règles plus souples s'appliquent, mais dès lors que vous évacuez ou vendez du fumier, vous devez l'enregistrer correctement. En cas de doute, renseignez-vous auprès des autorités compétentes pour obtenir des informations actualisées. Les écuries professionnelles sont tenues de tenir une comptabilité des effluents. Utilisez pour cela l'agenda et le dossier dans EquiSight pour documenter les évacuations de fumier et les cycles de compostage. Ainsi, lors d'un contrôle, vous avez tout immédiatement à portée de main et n'avez pas besoin de fouiller dans d'anciennes notes ou e-mails.
